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 Menuet of innocence

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MessageSujet: Menuet of innocence   Dim 4 Sep - 14:46

Menuet of innocence

- Are you my Daddy ? -

Les pieds nus battent dans l'herbe, rosée collant les brins fins à la peau pâle qui commence doucement à s'épaissir, cals se développant à mesure que les jours passent, aidés par la route qu'ils battent constamment. La robe claire ne ressemble plus à grand chose, après deux semaines, errance et passage dans les ronces autant que la poussière des chemins ayant ternis sa couleur, abimés ses ourlets, accrocs se formant dans l'étoffe légère sans que celle qui la porte ne s'en soucie, décolleté mal ajusté révélant un morceau de la chemise passée en dessous et les clavicules graciles, os fins comme ceux d'un oiseau émergeant sous la peau, rendus plus visibles encore par les repas manqués. Ça ne fait guère que deux ou trois semaines qu'elle est devenue humaine, la silhouette blonde et légère qui tourne sur elle-même, cheveux blonds emmêlés et détachés suivant son mouvement. Elle est perdue, comme si souvent, et elle ne s'en soucie pas, comme à son habitude. Il y a trop de choses à voir, des nuages avec des formes étranges, des rayons du soleil qui jouent dans la rosée accrochée à l'herbe et aux feuilles des arbres, des sons et des odeurs dont elle ignore tout avant d'en reconnaitre une, vaguement, une qu'elle reconnaitrait les yeux fermés, visage se redressant tandis que son nez frémit, fleur la suivant à l'aveuglette.

Les arbres finissent par s'éclaircir, Ivy émergeant d'entre deux troncs pour se trouver au bord d'un sentier de terre bordé de buissons, odeur gagnant en puissance. C'est celle du thé en train d'infuser, sucrée et délicate, portée par la brise qui parfume le royaume de la Reine blanche en permanence de l'odeur des gâteaux, des boissons et des fleurs et qui dépose le son des chansons et des rires au creux des oreilles, voix de la Pâquerette se levant doucement pour chanter une de ces chansons sans mots propres au Jardin des Fleurs qui hypnotisaient les passants et faisaient se rengorger les Roses avant que le silence ne se fasse pour laisser le chant de l'Alouette emplir l'espace, murmure montant lentement des pétales en un si parfait contrepoint auquel elle n'avais jamais eu le courage de se joindre. Elle le fait désormais, même si elle est seule à chanter tandis qu'elle continue de marcher, apercevant enfin sa cible, soif montant dans sa gorge à l'idée de pouvoir sentir le liquide chaud sur ses pétales et imbiber sa peau, de pouvoir lécher les gouttelettes accrochées à ses doigts et ses lèvres pour sentir le goût envahir sa bouche. Si il y a bien une chose qu'elle aime dans le fait d'être humaine, ce sont ces sens si décuplés en comparaison de ceux qu'elle possédait avant, reflet du soleil dans la porcelaine luisante de la théière faisant s'effilocher ses pensées, pieds l'approchant lentement de sa cible manquant de justesse s'emmêler.

Quelques pas encore et elle y est presque, doigts frémissant de l'envie de s'emparer d'une tasse, avant d'être distraite par un mouvement au coin de l’œil, fleur se tournant dans sa direction et tombant promptement à terre, nez se fronçant de contrariété tandis que quelques larmes montent à ses yeux, instinctives. Trop de sensations neuves et étranges, pleurer est devenu son premier réflexe comme fermer ses pétales autour d'elle l'était avant, et elle reste un instant encore à terre, fixant la silhouette en essayant de l'identifier. Deux jambes visibles et non cachées par une jupe, c'est un homme, si elle se souvient bien, et elle continue de remonter son regard, passant sur les traits sans les reconnaître avant de s'arrêter sur le couvre-chef. Elle le connait, ce chapeau, Ivy se redressant aussitôt avant de s'approcher, doigts s'emparant de l'objet sans la moindre gêne pour le tourner sous toutes ses coutures avant de redresser les yeux sur l'homme déchapeauté, le fixant avant de solennellement reposer le haut de forme sur sa tête, observant toujours. Il est vaguement familier comme ça, sourire envahissant son visage un instant avant qu'elle se jette dans les bras de l'homme, enfouissant son visage dans son cou pour humer son odeur et la fixer dans son esprit.

"Papa !"

L'idée qu'il puisse ne pas la reconnaître lui a entièrement échappée, fleur trop heureuse à sa place, nichée contre celui qui l'arrosait de thé et lui contait de si jolies histoires pour se rappeler de son changement imprévu d'espèce.
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Hatta G. Hatters

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- Hurluberlu Siphoné du chapeau -
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MessageSujet: Re: Menuet of innocence   Lun 5 Sep - 14:07

Depuis quand les fleurs marchent ?

- Incompréhension totale -

Le niveau de la tasse diminue au fil que l'aiguille avance, fil se créant un chemin, tremblant à cause de la nervosité des doigts qui le tire. La rapidité est telle que l’œuvre en serait presque bâclée, terminée à la hâte par les doigts créateurs qui n'éprouvaient aucun plaisir dans le geste. Il ne l'avouera certainement pas cela dit, l'esprit bien trop occupé à penser à la disparition de Haigha qui le tourmente. La solitude ne lui réussit pas à Hatta, humeur nébuleuse qui ne demande qu'à créer une explosion pour faire redescendre la pression, comme si sa montre n'était en réalité qu'un baromètre cassé. Le Thé ne lui semble même pas agréable en bouche, se glissant sur ses papilles avec ce goût fade lorsqu'il est prit seul depuis des jours. Plus rien ne tourne rond, ni même carré ou ovale dans ce monde.

L'aiguille entre par mégarde dans un doigt, créant un sursaut et un juron instantané. Cela faisait des années qu'il ne s'était plus piqué de la sorte, le ramenant sur terre. Le pauvre couvre-chef non achevé, un haut-de-forme aux couleurs ternies et fades en accord avec l'humeur, tomba sur le sol. Long soupir provenant de son créateur lorsqu'il se penche pour le ramasser, à deux doigts de le laisser là d'un air boudeur pour avoir fait dévier l'aiguille dans son doigt. Il était triste ce chapeau, triste, fade et chargé de ses émotions négatives, un couvre-chef quelconque oubliable dans le fond d'une armoire. Il fut posé sur la table, Chapelier décidant de l'abandonner pour l'instant, le regard accusateur rivé sur lui.

C'est alors qu'il remarqua la silhouette frêle qui s'approchait, serrant les dents face à sa tête dénudée et ces guenilles qui servaient de vêtements. Une vagabonde probablement là pour lui voler de la nourriture. A moins qu'il ne s'agisse encore d'une gamine blonde beaucoup trop curieuse à son goût, dans tous les cas, elle devrait prendre un bain et plus que probablement se faire couper les cheveux. Instantanément, le brun se releva, donnant cette impression de se déplier, prêt à défendre son butin puisqu'il n'était certainement pas d'humeur à discuter avec d'illustres inconnues crasseuses. Certes, il n'aimait pas faire la vaisselle, mais Hatta n'en restait pas moins maniaque, ayant de la peine pour cette pauvre robe qui avait trainé on ne sait où et avait terriblement souffert.

Et là, ce fut le drame, doigts de la jeune femme osant commettre ce crime odieux et impardonnable. Les doigts se crispent instantanément, prêt à larguer les tasses de thé dans un lancé épique alors qu'elle lui ôte son précieux haut-de-forme. L'espèce de tasse ébréchée, comment osait-elle ? Peu importe les larmes, personne n'avait le droit de poser ne serais-ce qu'un seul doigts sur ce couvre-chef. Le système d'auto-destruction était sur le point d'être lancé alors que la blondinette reposa soigneusement l'objet, qui d'ailleurs n'était certainement pas considéré comme tel, sur le sommet de son crâne. S'en suivit donc une profonde inspiration visant à lui couper toute envie de recommencer ou même de rester dans les parages via une tirade qui serait probablement trop longue pour qu'elle puisse l'entendre en entier dans sa fuite.

C'était bien entendu sans compter le geste et le mot qui sortit des lèvres de la jeune fille. La tirade fut ravalée avant même d'avoir été commencée, regard émeraude s'écarquillant dans une incompréhension totale alors que son esprit tentait de faire les connexions entre les informations. C'était définitif, le Pays des Merveilles partait en vrille. Depuis quand avait-il une fille ? Ou connaissait-il une gamine salle incapable de prendre soin de ses vêtements ? Pire, que faisait-elle le crâne nu ? Cette dernière vision était tout simplement insupportable, éloignant la jeune blonde (tout de même en douceur, ayant cette impression qu'il allait la casser en mille morceaux s'il y allait un peu trop fort et brusquement), pour ensuite chercher de plus amples informations.

« Je peux savoir qui vous êtes ? Et de quel droit vous osez prétendre être ma fille ? Surtout avec une tête dénudée, cela n'a pas de sens. Je parie que vous êtes là pour le thé et la nourriture, maigrichonne comme vous êtes. Après tout je le saurais si j'avais un enfant, à moins que vous ne soyez un chapeau ayant pris vie, dans ce cas cela voudrait dire que mes quelques expériences ont fonctionnées ou ratées, puisque soyons logique : un chapeau avec des jambes et des bras ça ne sert pas à grand chose. Mais bon sang, qu'avez-vous fait avec cette robe ? C'est indécent et tout à fait monstrueux de l'avoir torturé de la sorte. Vous ne comprenez donc pas que le tissus souffre lui aussi ? Vous auriez pu tout aussi bien me demander un morceau de cake avec les bonnes manières ! Et certainement pas en osant toucher à mon Chapeau. Vous l'avez probablement sali avec vos doigts crasseux, allons, allons, je vais te nettoyer, ne t'en fait pas. » Il astiquait le haut-de-forme, l'analysant de fond en comble afin de ne pas trouver de tâches provoquées par les doigts maladroits, en oubliant presque la jeune femme qui se trouvant devant lui.  


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MessageSujet: Re: Menuet of innocence   Lun 5 Sep - 15:55

Menuet of innocence

- Are you my Daddy ? -

Elle ne se doute pas du trouble et de l'incompréhension qu'elle vient de causer, la Pâquerette, simplement contente là où elle se trouve et ravie d'avoir trouvé une personne familière, son père de surcroît. Elle a vite compris en errant que les humains ont des parents qui s'occupent d'eux, les nourrissent et leur donnent à boire et leur parlent et les aident à grandir, et que les hommes qui remplissent ce rôle sont des pères, plus communément appelés "Papa". Même si parfois d'autres gens remplissent la même fonction sans être appelés comme ça, mais ce genre de détails est trop subtil pour elle. Elle se contente d'avoir compris la base et le fait que le Chapelier remplissait ce rôle pour elle, conclusion tirée et comportement adapté en fonction. Un Papa, on a le droit de lui sauter au cou sans choquer les gens, donc elle le fait, nez glissant dans son cou tandis qu'elle inspire et sourit, aussi proche du comportement d'un chat que peut l'être une fleur humanoïde.

Le Wonderlandien n'est malheureusement pas au courant de tout ça, mains l'écartant doucement et tirant un geignement de protestation à Ivy qui était très bien où elle se trouvait merci beaucoup, lèvres s'entrouvrant avant de se clore, bâillonnées par le discours d'Hatta. Comment ça qui elle est ? Comment ça il n'a pas de fille ? Elle peut sentir les larmes comment à lui monter aux yeux, doigts poussiéreux les frottant en vain pour essayer de les contenir sans succès, premier hoquet lui échappant et ouvrant la voie aux sanglots. Les émotions sont trop complexes pour elle, incompréhension et indignation et tristesse dévorante de n'être pas reconnue par la seule personne qu'elle est capable d'identifier en ce monde, gouttes salées commençant à tracer des sillons sur ses joues, révélant la peau si pâle qui se cache dessous tandis qu'elle fait un pas en arrière, jambes s'emmêlant de nouveau et la faisant chuter sans qu'elle fasse un geste pour se rattraper. Ce genre de réflexe lui manque, occasionnellement. Peut-être parce que la fée qui l'a rendue humaine était aussi beurrée qu'une tranche de pain à l'heure du thé, qui sait ?

D'à travers sa vue brouillée par les larmes elle peut voir Hatta continuer à astiquer son chapeau, mots lui échappant sans qu'elle arrive à les retenir, hoquetés tant bien que mal alors que ses mains essuient rapidement la drôle d'humidité gluante qui s'échappe de son nez, grimace glissant sur son visage par la même occasion. C'est aussi désagréable que de la soie d'araignée sur ses pétales, elle n'aime pas, doigts glissant sur sa robe pour essayer de s'en débarrasser.

"Mais les gens ils disaient que la personne qui prend soin de toi et qui te parle quand c'est un homme on appelle ça un Papa, et ils me demandaient où est le mien et tu es le seul qui venait t'occuper de moi et m'arroser et me parler ! Même les roses et les tulipes elles faisaient pas ça, elles étaient trop occupés avec leurs histoires et à se moquer !"

Les mots se coupent sous l'effet d'un nouveau sanglot, Ivy se relevant enfin, oscillant légèrement avant de se stabiliser, mains tentant de nouveau d'effacer ses larmes.

"Je comprends pas, je comprends rien, pourquoi c'est compliqué comme ça d'être humain ? Et pourquoi tu me reconnais pas, je croyais que ça devait reconnaitre son enfant un Papa même si ils se ressemblent plus ! Pourquoi les gens racontent ce genre d'histoire si c'est pas vrai... ?"

Ses yeux cherchent ceux de Hatta, bleu contre vert, l'implorant désespérément de retrouver l'or de son cœur dans la teinte blonde de ses cheveux même assombris de crasse et la blancheur de ses pétales dans ce qui s'en devine sous la poussière, dans les sillons tracés par ses larmes, sans songer à dire clairement qu'elle est la pâquerette qu'il venait arroser de thé. Après tout, elle n'a pas tant changé que ça, non ? Elle a juste changé d'espèce, il devrait pouvoir la reconnaitre quand même, non ?
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Hatta G. Hatters

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- Hurluberlu Siphoné du chapeau -
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MessageSujet: Re: Menuet of innocence   Lun 5 Sep - 22:17

Depuis quand les fleurs marchent ?

- Incompréhension totale -

Hatta ne remarqua pas tout de suite les larmes, regard rivés sur son couvre-chef qu'il continua d'analyser au millimètre près. Il en connaissait chaque plis, chaque petit défauts laissés par le temps dans la couture et qu'il avait du refaire, chaque parcelle de tissus qui le compose et lui donne vie. Il va même jusqu'à le porter à son nez, reniflant pour être certain qu'elle ne l'aie pas contaminé avec l'odeur de la crasse. Tout semble parfaitement aller pour son fidèle compagnon qu'il repose soigneusement à sa place. Plus de peur que de mal.

Il n'avait même pas entendu le bruit de chute, remarquant seulement que la jeune femme se relève tant bien que mal. Elle ne semble pas beaucoup tenir sur ses jambes, comme si elles étaient déréglée. Probablement que le Temps y est pour quelque chose, lui qui a l'habitude de trafiquer les aiguilles, pourquoi pas les jambes de jeunes vagabondes ? Il réalisa également qu'elle sanglotait autant que la Mère Huître qui venait de perdre ses filles, soudainement mal à l'aise face à cette situation tirée par les cheveux. Cheveux. Trop de cheveux visibles. Il se saisit d'une tasse vide, la retournant sur le crâne de la blonde afin de voir si cela donnait mieux. Nettement moins dérangeant que ce crâne recouvert de fils d'or, pas vraiment stable en revanche. Au bout d'une minute à tenter de faire tenir la tasse devenue chapeau, il capitula, reposant la porcelaine sur la table, contrarié.

Il lui tendit tout de même un mouchoir en tissus brodé de ses initiales, la voir dans un tel état n'était pas très glorieux pour la demoiselle après tout. « Cessez donc de pleurer, je n'ai guère envie de me retrouver avec une mer de larmes dans mon jardin ou pire, dans mon atelier. Vous me paraissez bien émotive jeune fille et je ne comprends pas un traitre mot de ce que vous racontez. On dirait presque que ces fameuses roses et tulipes ont tentées de vous dévorer crue. Avez-vous pris un champignon pour rétrécir ? Je crois que vous faites erreur, je ne me souviens pas de votre minois. C'est probablement la crasse, à moins qu'elle ne soit aussi dans vos yeux. »

Long soupir alors que le brun enfuit sa main dans une poche, sortant un mètre-ruban qu'il déroula tout en parlant. Il tourna un bref instant autour de la jeune fille, tâchant de prendre quelques mesures aussi rapidement que possible et sous tous les angles. Tant pis si les couches de ses guenilles le trompaient, il y avait urgence. Il devait bien avoir une ou deux robes de clientes à raccommoder, à repiquer pour les ajuster en deux temps trois mouvements, elle n'était pas bien grande, mais ça ferait l'affaire, qu'importe les hurlements de la première propriétaire, il avait pourtant bien précisé qu'il n'était pas couturier de métier. « Cela dit je ne vais pas vous laisser repartir dans cet état, allez donc prendre un bain chaud, je vais me charger de trouver de quoi vous vêtir convenablement. Vous me raconterez vos péripéties autour d'une tasse de Thé et une fois que votre langue aura décider de cesser de hoqueter. »

Il l'emmena à l'intérieur, embarquant au passage sa tasse à moitié vide. Il lui indiqua la direction à prendre tout en lui suppliant de ne pas faire de mal aux nombreux chapeaux de toutes sortes s'accumulant encore et encore jusqu'au plafond. Il n'y avait plus qu'à recouper une robe, une bleue ciel, ce qui soulignerai probablement la couleur des yeux de la jeune fleur... enfin non fille. Qu'importe cela commençait par un F après tout. Il n'y avait pas grand chose à retoucher, besogne finie rapidement avec l'habitude, une vitesse surréaliste même et digne de pouvoirs magiques. Une fois la robe glissée devant la porte, il n'y avait plus qu'à préparer le Thé ainsi que les tartines de pain beurré, elle avait l'air de mourir de faim après tout.


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MessageSujet: Re: Menuet of innocence   Mar 6 Sep - 11:56

Menuet of innocence

- Are you my Daddy ? -

Les larmes continuent de couler d'elles-mêmes, incontrôlables, quand une tasse se voit posée sur le crâne de la fleur, porcelaine contre chair et cheveux, si dure et si légère, attirant son attention et faisant cligner tandis qu'elle se fige, sanglots continuant de l'agiter ses seuls mouvements avant que l'objet ne soit ôté de son crâne, carré de tissu fin brodé de symboles étranges tendu à la place, Ivy s'en saisissant précautionneusement pour l'observer sous toutes ses coutures, peine se calmant sous l'effet de la curiosité. Il est doux, le tissu, fin et frais et portant les marques de la manière dont il a été plié, et elle le porte à son visage pour le humer curieusement avant de se rappeler de ce qu'elle a pu voir les gens faire, le déposant maladroitement sur le bout de ses doigts pour tapoter ses joues, le geste accidentellement trop brutal lui arrachant un couinement avant qu'elle ne recommence, plus doucement, essuyant ses yeux et tâchant le tissu sans oser regarder Hatta. Il ne la reconnait pas, n'a même pas compris qui sont les roses et les tulipes, elle l'a enfin compris, idée faisant trembler ses lèvres sans que les larmes n'émergent de nouveau. Elles se sont asséchées, ne laissant que la soif et la brulure du sel derrière elles.

Le mètre-ruban tourne autour d'elle avec rapidité, suivi par les yeux intrigués, fleur silencieuse laissant les mots se déverser sur elle. Les mots, elle les connait, même sans nécessaire savoir exactement à quoi ils correspondent dans les faits, mélange étrange qui l'handicape. Un bain, elle en a déjà pris un, dans un bac rempli d'eau tiède comme une pluie estivale, avec un morceau blanc et glissant qui avait une odeur étrange de fleurs qui n'en étaient pas qui avait un goût répugnant quand elle l'a porté à sa bouche par curiosité. Mais elle se souvient bien de la manière dont sa peau sentait après coup, et était toute claire (propre, c'est le mauvais qui avait été employé). C'est probablement comme ça que les humains prennent soin de leur tige et de leurs pétales, même si elle ne saisit pas tout à fait pourquoi. Ils sentent meilleur après, mais ils ne sentent pas comme ils le devraient, après tout. Quel intérêt est-ce que changer son odeur peut présenter ? Elle poserait bien la question, mais des mains l'entrainent déjà, et la mention de thé tire un grondement caverneux à son estomac qui la fait bondir. Qu'est-ce que c'était ? Pourquoi est-ce qu'il a fait ça ? Elle n'a quand même pas un animal dans son ventre qui exige du thé en permanence, pas vrai ? La question lui échappe, timide, avant qu'elle ne soit lâchée, yeux perdus se tournant vers Hatta avant de lui obéir. Il sait sans doute mieux qu'elle ce qu'il faut faire.

Sauf qu'elle n'a pas la moindre idée de comment faire ces choses qui semblent si simples aux humains, regard traçant la pièce carrelée où elle a échoué avant qu'elle n'approche de la grande bassine de porcelaine. Elle est plus profonde, plus longue et plus étroite que celle que la matrone avait utilisé pour la laver mais elle ne peut que supposer qu'elle a le même usage. Le problème est qu'elle est vide, fleur grimpant à l'intérieur et s'y installant avant de redresser la tête. Ça ne se remplit pas tout seul ? Elle repart en expédition, mains tirant sur les protubérances situées le long du bac avant de les faire tourner, liquide se déversant aussitôt dans le bain qui lui tire un cri surpris. C'est froid, mais il ne la dérange pas tandis qu'elle se saisit du morceau blanc (savon, le nom lui revient maintenant) et commence à frotter sa peau sans ménagement, eau qui coule virant rapidement à une teinte grisâtre puis brunâtre avant qu'elle se rappelle de couper le robinet et la change, s'immergeant de nouveau pour frotter ses cheveux sans trop comprendre comment faire, mèches s'emmêlant plus avant alors même qu'elles deviennent propres, et enfin elle se redresse, peau rougie de froid et du bout de savon qui l'a frottée sans ménagement, sa robe trempée d'eau pesant autour d'elle lui faisant froncer les sourcils et tirer le tissu, contrariée, étoffe usée par les déchirures et la crasse autant que par l'usage qu'elle avait déjà connu avant de lui être donné cédant enfin dans un son satisfaisant, laissant Ivy dans sa seule chemise et dans le corset alourdi d'eau qu'elle proteste toujours autant. C'est désagréable, mais elle n'arrive pas à l'enlever, finissant par attraper une lourde étoffe dont elle se souvient qu'elle sert à éponger l'eau sur sa peau avant de quitter la pièce, chemise ruisselant autour d'elle en dépit de ses tentatives pour l'essorer, robe bleue tenue entre ses mains à défaut de savoir qu'en faire.

"Hum... pardon... Il y avait ça devant la porte ? Je ne sais pas ce que je censée en faire... ça se porte, ça je sais, mais comment ?"

Elle forme un tableau probablement étrange, la fleur a la peau rougie et aux cheveux emmêlés en tout sens, avec sa vieille chemise translucide qui goutte autour d'elle, large serviette préservant une pudeur qu'elle n'a jamais eu besoin d'avoir et dont elle ignore l'importance, la jolie robe bleue tenue dans ses mains comme si elle craignait de la voir tomber en poussière si elle la serrait trop fort, membres fins tremblant tandis qu'ils tentent de se réchauffer avant qu'elle porte un bras à son nez, respirant l'odeur de sa peau et grimaçant avant que son ventre ne laisse échapper un nouveau gargouillis.

"Je ne comprends pas trop pourquoi c'est important de changer son odeur et d'avoir la peau propre, je n'ai jamais eu besoin de faire ça, j'attendais juste la pluie quand quelqu'un m'avait éclaboussé les pétales... Et tout le monde fait ce bruit dans son ventre ? Ça fait peur, comme son..."

Et ça fait mal, comme une crampe en bas de son ventre qu'elle masse d'une main sans trop savoir pourquoi, grimace passant un instant sur son visage avant que l'odeur du thé et du pain beurré n'arrache un nouveau grondement à son ventre. Il y a quelques jours déjà qu'elle n'a pas mangé, le concept de nourriture trop étranger à sa nature pour qu'elle parvienne à saisir son importance.
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